La Cour d'Obéron Index du Forum La Cour d'Obéron
Les salons de La Cour d'Obéron
 
 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Et hop, une critique pour le Grog !

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    La Cour d'Obéron Index du Forum -> La Cour d'Obéron -> Te Deum
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
macbesse
Bonimenteur(se)
Bonimenteur(se)

Hors ligne

Inscrit le: 30 Jan 2007
Messages: 132
Localisation: Ombre Terre

MessagePosté le: 05/06/2007 22:52:05    Sujet du message: Et hop, une critique pour le Grog ! Répondre en citant

Ca y est, j'ai relu Te Deum et j'ai réfléchi à une critique que j'espère constructive.

Côté compliments, j'ai insisté sur le caractère didactique du jeu, qui me semble une de ses grandes qualités.

Te Deum pour un massacre propose d’incarner des hommes ordinaires en des temps extraordinaires, marqués par des haines et des violences inouïes. Le parti pris est donc réaliste et le jeu se rapproche plus d’une fresque sanglante et boueuse que d’une glorieuse geste épique. Il est aussi historique, ce qui demande de concilier deux exigences parfois contradictoires, la rigueur historique et le plaisir du jeu. Te Deum pour un massacre réussit ce pari avec brio. Ainsi, la documentation réunie est sans failles, mais la description est très vivante. De même, la matière fournie au joueur est abondante, mais elle est inspirante et le travail de mise en jeu est remarquable.

Quelques remarques sur la forme :

Avant de faire une critique plus approfondie des différents livrets qui composent l'ouvrage, il faut dire un mot de l'objet. Le coffret, ainsi que l'illustration des R. Barthélémy, sont agréables au regard. De même, les illustrations internes ont été bien choisies et accompagnent le propos à bon escient. Les nombreux portraits permettent de donner corps aux différents personnages, et c'est une très bonne idée. On regrettera que les illustrations à l'italienne soient un peu étouffées par la lourde maquette.
Cette maquette, justement, présente un défaut très important. La police de caractère est très petite, ce qui rend le texte fatiguant à la lecture, en dépit du style très entraînant de l'auteur. L'on en vient à regretter l'espace occupé par les larges bandes décoratives. Bien sûr, le choix d'une petite police s'explique aussi par la densité de l'information, mais il aurait été tout aussi judicieux de faire cinq livrets au lieu de quatre, quitte à hausser le prix de quelques euros.

Livre I : La vie en France au temps des guerres de religion

Les petites fiches qui constituent la matière du premier des quatre livrets donnent une idée claire et précise de la vie quotidienne en ce XVIe siècle finissant. Elles sont courtes, bien documentées, facilement assimilables et écrites avec fluidité. L’auteur donne aussi des repères visuels et le meneur de jeu a de quoi nourrir ses ambiances. La partie sur la religion met peut-être un peu trop l’accent sur les réformés, et le catholicisme apparaît surtout en creux ou en opposition, mais c’est un péché bien véniel.

Livre II : Chroniques des Guerres de Religion

Le background, ou plutôt la trame historique, est décrit de manière dynamique à travers une chronique des événements, depuis la fin du règne d’Henri II jusqu’à la nuit de la Saint-Barthélémy. Dans une langue élégante, J.P Jarowski rend compte des liens de causes à effets avec beaucoup d’intelligence et de finesse. Les personnages historiques se voient de plus dotés de leur portrait physique et moral, doublé de leurs caractéristiques, ce qui facilite leur insertion en jeu. Les synopsis proposés, enfin, permettent de faire se rencontrer la petite et la grande histoire, et donnent le mode d’emploi de ces chroniques. Si, au premier abord, elles paraissent trop orientées sur la vie de Cour et les batailles pour être utiles, les synopsis démontrent le contraire : les événements peuvent tous avoir leur pendant localement, et des individus de toute classe sociale y être impliqués.

Livre III : Les Règles

La grande qualité de ce livret est de continuer à distiller des éléments de background à mesure que les règles sont expliquées. Des précisions sur l’éducation et la vie des jeunes enfants et adolescents sont amenées grâce au questionnaire qui définit les compétences du personnage. De même, les métiers sont très bien décrits, et leur insertion dans le reste de la société explicitée : c’est autant de leviers sur lesquels un meneur de jeu peut s’appuyer. Les compétences amènent des précisions sur les possessions des personnages. Bref, cette description des règles est l’une des plus immersives qu’il m’ait été donné de lire. Le système en lui-même, qui repose sur Carac = dé de valeur variable (D4-D20) + Compétence m’a un peu moins convaincu. Il m’a semblé un peu trop aléatoire et trop riche en réussites et en échecs critiques pour un jeu historique. Cependant, il s’agit là d’une question de goût : le système tourne et je n’ai toujours pas décelé de bogues. A noter qu’il est moral et récompense les bonnes actions, ce qui incite les personnages à la tolérance et oriente le roleplay.

Livre IV : Scénarios

Les deux scénarios proposés sont de qualité et exploitent les spécificités du jeu. Les relations de clientèle et les réseaux d’amitié, notamment, sont très bien mis en évidence. C’est non seulement une donnée importante de la société d’Ancien Régime, mais c’est aussi un remarquable moteur à scénarios. Les tenants et les aboutissants de ces « méchantes affaires » sont abondamment développés, ce qui a deux avantages. D’une part, le meneur peut facilement improviser une suite ou d’autres développements, et d’autre part, cette présentation est très pédagogique et permet d’écrire soi-même des scénarios par la suite.

Conclusion :

Te Deum pour un massacre est, sans conteste, un très bon jeu, et même un grand jeu, écrit avec beaucoup de soin et de pédagogie. L'ouvrage refermé, l'on croit encore entendre le fracas des batailles, l'aimable commerce des dames, les sermons enflammés des ministres et les inquiétudes des derniers humanistes.

Vient maintenant le temps de la notation, qui est aussi celui des scrupules. Les réserves que j'ai émises sur la maquette et la mécanique du jeu m'empêchent de mettre la note maximale alors que tout le reste m'y incline. Tant pis, qu'importe le flacon ! [J'ai donc mis 5]

Edit : j'ai eu Les Deux Reines pour Noël, je vais pouvoir m'y atteler. Very Happy
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: 05/06/2007 22:52:05    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    La Cour d'Obéron Index du Forum -> La Cour d'Obéron -> Te Deum Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | créer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001 phpBB Group
trevorj :: theme by ~// TreVoR \\~
Traduction par : phpBB-fr.com